L’agent littéraire, nouveau partenaire de l’auteur auto-édité ?

Auteur et Agent littéraire
– Auteurs et agents littéraires
travaillent de pair aux États-Unis.
Qu’en est-il en France ? –

Pas plus tard qu’hier, j’ai reçu un mail d’une lectrice de ce blog me demandant : « Bonjour Fred et bravo pour votre blog. Pensez-vous que je devrais faire appel à un agent littéraire pour publier mon livre ? Un grand merci pour vos articles. C. »
Ce n’est pas la première fois que cette question m’est posée.

Est-ce parce qu’aux États-Unis, les agents littéraires occupent une place centrale dans l’« écosystème » de l’édition ?

Nous allons y répondre.

Mais avant d’aller plus loin reprenons les bases : c’est quoi, un agent littéraire ?

« Un agent littéraire, c’est le lien entre l’auteur et la maison d’édition. »

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Un agent littéraire, c’est le lien entre l’auteur et la maison d’édition.

Cela signifie qu’en théorie, si vous optez pour l’auto-édition, un agent littéraire ne vous est d’aucune utilité, vu que vous êtes votre propre éditeur !

Mais peut-être que l’auto-édition est pour vous un tremplin de choix pour rejoindre l’édition traditionnelle ?

Oui, de nombreux auteurs souhaitent profiter des avantages de l’auto-édition pour « faire leurs preuves » et « séduire » les éditeurs traditionnels.

Alice Quinn et plus récemment Aurélie Valognes nous ont raconté leur brillant parcours. Après avoir atteint des sommets de ventes grâce à l’auto-édition, elles ont signé chez Michel Lafon.

Dans ce cas, ont-elles fait appel à un agent littéraire pour rejoindre le monde de l’édition traditionnelle ?

Non.

« Comment ça, non ? Les agents littéraires sont le lien entre auteurs et éditeurs, oui ou non ? » me répondez-vous.

En fait, il faut savoir que le modèle éditorial français est très particulier.

Et bien différent de celui des Américains qui ont trois temps d’avance sur nous…

 

« C’est une tradition. Aux États-Unis, les éditeurs refusent les manuscrits non sollicités et conseillent aux auteurs de prendre un agent. » Andrew Nurnberg

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Au pays de l’Oncle Sam, les agents littéraires représentent un maillon indispensable (et apprécié) entre auteurs (en herbe ou reconnus) et éditeurs traditionnels. D’ailleurs, rares sont les livres édités qui ne passent pas d’abord entre les mains d’un agent.

Souvent, ces agents littéraires sont d’anciens éditeurs : forts de leur expérience et bonne connaissance du marché, ils se mettent à leur compte.

Conseillant les auteurs pour mieux appréhender les rouages de la machine éditoriale, ils leur proposent ensuite les éditeurs les plus enclins à publier leur livre.

Une fois la mise en relation auteur/éditeur faite, ces agents négocient le montant de la cession des droits d’édition. Et certains assurent même le suivi marketing de l’ouvrage une fois publié.

Aujourd’hui, de plus en plus d’agents scrutent le marché pour flairer les pépites de demain, notamment sur le Kindle d’Amazon.

Mais ces dernières années, l’avènement du numérique a bouleversé le monde de l’édition.

En raison des ebooks qui permettent de facilement publier son livre sans passer par les éditeurs, les auteurs américains ont tendance à moins solliciter les agents.

Du coup, ces derniers se sont adaptés à la nouvelle réalité du marché et proposent maintenant un ensemble de nouveaux services destinés aux auteurs auto-édités, comme de retravailler leur texte.

 

« En France, la place des agents littéraires est très limitée
dans un paysage éditorial très conservateur. »

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En France, pour des raisons culturelles, le modèle éditorial est tout à fait autre. Bien malheureusement.

La place des agents littéraires est très limitée dans un paysage très conservateur. Selon l’étude « L’agent littéraire en France – Réalités et perspectives », il y aurait à peine une vingtaine d’agences en métropole quand elles sont plus de 500 aux États-Unis.

Comment expliquer cet écart ?

Pour commencer, en France les agents littéraires ne s’occupent presque que des auteurs déjà connus. Michel Houellebecq ou Fred Vargas par exemple bénéficient des services de François-Marie Samuelson dit « l’agent des stars » ou « la star des agents ».

Élitiste, l’édition française ?

Mais surtout, les agents jouissent d’une mauvaise image auprès des auteurs (et aussi des éditeurs). Ne venons-nous pas de voir qu’un de leur rôle est de négocier des droits d’auteur ? Or, dans l’édition (française), l’argent est (encore) tabou ! Et moins on en parle, mieux c’est (sauf sur ce blog).

Oui, n’est-ce pas une honteuse chose d’affirmer que des auteurs (comme moi) écrivent (aussi) pour l’argent ?

Plus aucun doute, j’irai en enfer ! 🙂

Ainsi, éditeurs et auteurs entrent en contact direct.

Sauf que…

Sauf que les auteurs ne maîtrisant pas les ficelles (juridiques, commerciales…) de l’édition traditionnelle pour négocier un contrat « à leur avantage », ils sont les premiers à en subir les conséquences. S’en rendent-ils seulement compte ?

 

« Aujourd’hui, les agents littéraires ne répondent pas
aux besoins des auteurs auto-édités.
Mais qu’en sera-t-il demain ? »

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Pour ces raisons et bien d’autres encore, les agents littéraires ne répondent pas aux besoins des auteurs français. Du moins, aux 99,99 % d’auteurs qui ne passent pas au JT de Claire Chazal.

Mais qu’en sera-t-il demain ?

En effet, depuis l’arrivée du numérique et de nouveaux acteurs de poids comme Amazon (qui d’ailleurs commence sérieusement à abuser de son poids), le monde de l’édition est en pleine mutation. Pour ne pas dire révolution.

Et si en France, les agents littéraires profitaient de cette opportunité pour tirer leur épingle du jeu ? Et rompre la relation traditionnelle (et obsolète) éditeur/auteur en apportant des services efficaces aux auteurs que nous sommes, à l’image de ce qui se fait chez les Yankees ?

Nul doute que cela passera par une évolution des mentalités de tous les acteurs du livre, en premier lieu des auteurs !

Affaire à suivre…

 

Et vous, qu’en pensez-vous ? L’agent littéraire : maillon essentiel de la chaîne du livre, ou parasite à supprimer ?

 

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Commentaires

  1. a écrit

    C’est marrant, ça, Fred, parce qu’il y a peu de temps, je pensais aux agents littéraires en me demandant ce que ça donnerait sur notre marché français.
    C’est sûr que ce ne sont pas les mêmes cultures, tant sur l’argent que sur l’édition et même les écrivains, toujours réputés en France comme « écrivant parfaitement dès le 1er jet », sorte de sacralisation infondée de l’écrivain.

    Il y a peut-être là un nouveau métier en devenir, en adéquation avec l’auto-édité.
    Ce ne serait pas une mauvaise chose pour soutenir, en quelque sorte, l’auteur souvent isolé et novice.

    L’édition est vraiment en pleine mutation 🙂

    Et pour te répondre, non je n’ai pas sollicité les services d’un agent littéraire, car ce n’est pas trop dans notre esprit (alors que quasi incontournable aux USA) et puis… ça a un coût.

    • a écrit

      Hello Marjorie,

      « les écrivains, toujours réputés en France comme « écrivant parfaitement dès le 1er jet » »
      Ah ah ! Et on appelle ça des écrivains…

      « Ce ne serait pas une mauvaise chose pour soutenir, en quelque sorte, l’auteur souvent isolé et novice. »
      Oui, je pense vraiment que les Indés sont trop isolés, et qu’il leur manque un « référent ».

      A bientôt,
      Fred

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