L’auto-édition, passeport vers l’édition traditionnelle ? Entretien avec Florian Lafani (Éditions Michel Lafon)

L’auto-édition, passeport vers l’édition traditionnelle ?
– L’auto-édition serait-elle donc aujourd’hui le passeport vers l’édition traditionnelle ? –

Fred : Bonjour Florian Lafani. Je vous souhaite la bienvenue sur le blog Écrire et s’enrichir !, et merci d’avoir accepté mon invitation.

Florian Lafani : Bonjour, merci à vous de m’accueillir dans votre univers.

Fred : Florian, vous êtes responsable du développement numérique aux Éditions Michel Lafon. En quoi consiste votre fonction ?

Florian Lafani : Mon rôle est principalement de développer le catalogue de livres numériques (nouveautés et fonds). Je participe également à la stratégie webmarketing de la maison. En parallèle, j’ai une activité d’éditeur du domaine français et italien.

Fred : L’an dernier, j’ai eu le plaisir de recevoir sur ce blog Alice Quinn. Alice est l’auteur du roman auto-édité Un palace en enfer qui a fait un carton sur la plateforme KDP d’Amazon.

Et que vois-je sur la nouvelle couverture de son livre ? Le logo Michel Lafon !

Que s’est-il passé ?

Florian Lafani : L’auto-édition est un nouveau vivier de textes et d’auteurs. Nous sommes donc attentifs à ce qui se passe sur ces plateformes et la lecture d’Un Palace en enfer nous a convaincus. Nous avons donc proposé à Alice Quinn un contrat d’édition.

Fred : Pour mémoire, Un palace un enfer s’est déjà vendu à plus de 20.000 exemplaires dans sa seule version numérique (et donc auto-éditée), rien que sur Amazon.

Peut-on dire qu’Alice a d’abord du faire ses preuves en auto-édition avant de « séduire » les éditeurs traditionnels ?

L’auto-édition serait-elle donc aujourd’hui le passeport vers l’édition traditionnelle ?

« L’auto-édition est un nouveau moyen pour les auteurs
d’attirer peut-être l’attention d’un éditeur. »


Florian Lafani
 : Faire ses preuves ne veut pas dire grand-chose, car aucun succès numérique n’est le gage d’un succès papier. L’auto-édition permet à des auteurs de rencontrer directement les lecteurs sans attendre la décision d’éditeurs qui, très sollicités, peuvent mettre du temps à répondre.

Donc l’auto-édition n’est pas un passeport pour l’édition traditionnelle, simplement un nouveau moyen pour les auteurs de présenter leurs textes et, effectivement, d’attirer peut-être l’attention d’un éditeur.

Fred : Si, « parfaite inconnue », Alice avait simplement expédié son manuscrit à Michel Lafon par La Poste, quelles auraient été ses chances réelles d’être publiée par cette maison d’édition ?

Florian Lafani : Si on s’en réfère uniquement au nombre de manuscrits que nous recevons par an par rapport à ce que nous pouvons publier, cela fait peu de chances. De là à vous dire que nous l’aurions nécessairement refusée, ce serait exagéré.

Fred : Pour une auteure comme Alice qui passe de l’auto-édition à l’édition traditionnelle, les contraintes sont-elles nombreuses ? Par exemple, Alice a-t-elle du faire des concessions (couverture, texte…) pour répondre aux exigences éditoriales ?

Florian Lafani : Attention à ne pas avoir cette image de l’éditeur qui impose. Alice n’a fait aucune concession, nous avons travaillé ensemble pour arriver au meilleur résultat possible. En l’occurrence, sur la couverture, nous l’avons réadaptée et non pas changée.

Fred : Bénéficier de la puissance marketing d’une grande maison d’édition comme Michel Lafon provoque-t-il un bouleversement sur la visibilité et les ventes du livre d’Alice ? Avez-vous déjà des chiffres à nous communiquer ?

« L’univers du livre papier est très différent
de celui du livre numérique : prix, mise en place, relations presse. »


Florian Lafani
 : Il est encore trop tôt pour vous donner des chiffres et surtout il ne faut pas oublier que l’univers du livre papier est très différent de celui du livre numérique : prix, mise en place, relations presse. Autrement dit, comparer les ventes ou la visibilité entre deux formats n’a pas toujours de sens.

Travailler avec nous a en tout cas déjà permis à Alice de participer à des rencontres avec des lecteurs dans des librairies.

Fred : Aujourd’hui, quelle est la position des Éditions Michel Lafon sur l’auto-édition ? Et quels rapports entretenez-vous avec les auteurs indépendants ? Par exemple, pratiquez-vous une veille des nouveaux talents qui émergent ?

Florian Lafani : Nous avons de bonnes relations avec les auteurs indépendants et nous continuons de lire les textes publiés via ce nouveau canal.

Fred : Pour conclure, quels seraient vos conseils de professionnels à l’attention des lecteurs de ce blog qui souhaitent faire de leur livre un succès ?

Florian Lafani : C’est difficile de donner des conseils sur une notion aussi insaisissable que le succès. Mais l’important, au-delà de toutes les questions marketing, reste le texte.

Fred : Florian, je vous remercie pour votre disponibilité et vos précieuses informations. À très bientôt !

Florian Lafani : Merci à vous.

 

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Commentaires

  1. a écrit

    Encore un article fort intéressant et une interview bien menée ! Merci beaucoup pour cette échanges et les informations qu’elles apportent à tous les auteurs auto-publiés et ceux qui souhaitent le devenir !

  2. a écrit

    Très bonne interview. L’auto-édition est effectivement une vraie opportunité à la fois pour les auteurs et pour les éditeurs. Elle est un vivier de talents, une pépinière de mélanges des genres parfois audacieux, et l’énergie positive qui s’en dégage ne peut être qu’une bonne chose pour le monde des livres en général, qui subit la crise comme n’importe quel autre secteur.

    • a écrit

      Hello Charlie,

      Tu as tout dit !
      Et on s’est bien rendu compte de la vague de l’auto-édition au dernier Salon du livre à Paris. Entre les stands Kindle/Amazon, IggyBook, Librinova, Kobo et j’en passe.
      Surfons sur cet enthousiasme et ce nouvel élan si prometteur !

      A bientôt,
      Fred

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