L’indispensable cadeau

ecrire duras
« Ecrire, ça va très loin… »

Oui, on peut dire ça ainsi, l’indispensable cadeau. On peut le dire aussi de mille autres façons. L’important, c’est la démarche, l’envie de partager avec vous quelque chose qui touche votre besoin d’écrire, votre rage parfois de hurler noir sur blanc. Parce que ce blog, on y parle aussi d’écriture, de livres. Sinon il n’a pas lieu d’exister. Nous sommes d’accord, non ? C’est vrai, si c’est pour vous parler du diabète de mon chat ou vous raconter la mort de mon poisson rouge, vous vous en foutez complètement et vous aurez raison. Ce blog ne sert pas à ça. Ce n’est pas un fourre-tout. Ni un bureau des larmes.

Non, ce blog essaie, entre autres, de faire découvrir, de donner de la vie. Et aujourd’hui, cela m’est venu d’un coup en marchant sur un petit sentier, j’ai eu envie de vous parler du livre Ecrire de Marguerite Duras. Un écrivain dont j’ai oublié le nom disait que n’importe quel auteur, oui n’importe lequel, devait non seulement lire ce livre mais l’avoir à portée de main 365 jours par an.

 

Ce livre est un ami pour les auteurs

 

Ce livre, c’est tout pour un auteur. Oui, tout : un phare, une boussole, une canne, un souffle, une voix en soi, un moteur et tout ce qui relève du soutien, de l’énergie, de l’amitié. Oui, ce livre est un ami pour les auteurs que nous sommes. Un ami, une présence forte, un socle, une respiration. Pour tout vous dire, il m’a été d’un secours permanent durant toute l’écriture de mon premier roman. Sans lui, peut-être que j’aurais abdiqué, trouvé la ou les excuses pour laisser tomber. C’est pour cela que j’ai titré cet article « l’indispensable cadeau ».

Lire ce livre, s’en imprégner lentement, c’est s’offrir la chance d’aimer sa solitude quand on écrit. Aimer sa solitude, c’est un luxe immense. C’est être en éveil, ouvert à toutes les sensations profondes. C’est être en déconnexion avec le vacarme, les bavardages, le temps perdu, la bêtise, l’inutilité. C’est surtout être en phase avec le silence qui apporte ses messages, sa puissance et dicte la beauté des choses.

 

Vous verrez que les mots
se mettent en place sans effort

 

marguerite duras
Marguerite Duras, « Ecrire, c’est aussi hurler sans bruit »

 

Je vous invite avec tout l’amour que j’ai pour l’écriture, à découvrir ce livre de Marguerite Duras, grande auteure sur qui j’aimerais, un jour, faire un long, très long article. Cette femme avait le génie de la phrase qui claque, secoue, touche avec une apparente simplicité. C’est prodigieusement difficile d’arriver à faire cela, et ça paraît pourtant si aisé.

Tenez, lisez-ça, gardez-le en bouche comme un grand cru, et dans les minutes qui suivent, prenez une feuille, un stylo, puis commencez à écrire quelque chose qui vous vient comme ça. Vous verrez que les mots se mettent en place sans effort particulier, que ça coule, que c’est fluide. Faites cela chaque jour, dix, quinze minutes. Vous verrez que ce livre de « la Duras » est magique. Voici cet extrait :

« Tout écrivait quand j’écrivais dans la maison. L’écriture était partout. Et quand je voyais des amis, parfois, je les reconnaissais mal. Il y a eu plusieurs années comme ça, difficiles, pour moi, oui, dix ans peut-être, ça a duré. Et quand des amis même très chers venaient me voir, c’était aussi terrible. Ils savaient rien de moi, les amis : ils me voulaient du bien et ils venaient par gentillesse croyant bien faire. Et le plus étrange, c’était que je n’en pensais rien.

Ça va très loin, l’écriture… Jusqu’à en finir avec. C’est quelquefois intenable. Tout prend un sens par rapport à l’écrit, c’est à devenir fou. Les gens qu’on connaît on ne les connaît plus et ceux qu’on ne connaît pas on croit les avoir attendus. C’était sans doute simplement que j’étais déjà, un peu plus que les autres gens, fatiguée de vivre. C’était un état de douleur sans souffrance. »

 

Ce blog étant, vous le savez, un lieu d’échange, de partage, de communication, j’aimerais vraiment beaucoup que vous y laissiez un avis, un commentaire, un mot, une phrase, pas plus. Juste pour mentionner votre présence, votre intérêt ou votre désintérêt pour ce que je vous offre à lire, à découvrir.
Merci.

 

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Commentaires

    • a écrit

      Se familiariser avec l’expérience de Marguerite Duras, c’est suivre le bon chemin si l’on veut un jour passer écrivain. Vous facilitez la tâche en y attirant l’attention de ceux que l’écriture intéresse au plus haut point; mais il faut avoir un minimum de prédisposition que l’on désigne sous le nom de talent…
      Avec mes meilleures salutations.

  1. a écrit

    Merci Fred, je suis complètement fan de Marguerite Duras, donc merci pour cet extrait et ce conseil de lecture. Ce livre est d’ailleurs dans ma liste de livres sur l’écriture.
    Combien c’est vrai, qu’il est difficile d’arriver à provoquer tant d’émotion, avec tant de simplicité (apparente).
    Bonne idée que de la lire chaque jour pour se mettre « en veine ».
    Elle est dans le panthéon de mes écrivains préférés (qui sont en majorité du 20e siècle).

    • a écrit

      Bonjour Marjorie 🙂

      Je constate avec bonheur que ce livre était déjà dans ta PAL.
      Oui, Duras a cette force rare de nous toucher (et de nous bouleverser souvent) avec des mots presque « silencieux », presque « absents ». C’est ce qui, entre autres, rend magique cette écriture si belle, si dépouillée et si pleine en même temps.

      Bonne journée !
      Fred 🙂

  2. Ariel Koslan a écrit

    Quelle idée lumineuse de nous proposer un article sur Duras. Merci l’ami. Sans cette femme, la littérature serait à l’agonie.
    Amitiés,
    Ariel

    • a écrit

      Bonjour Ariel,

      En effet, peu d’auteurs ont éclairé la langue et la littérature avec autant de puissance.
      La « musique Duras » est unique et si elle touche autant de lecteurs, c’est que cette musique touche davantage le coeur que la raison.

      Merci pour votre message,
      Fred

  3. a écrit

    Fred, ton blog est le premier que j’ai découvert au début de mon aventure dans l’auto-édition. J’y ai passé de longues heures à lire tes articles de conseils, d’avertissements. Aujourd’hui encore, je ressens parfois le besoin d’aller jeter un oeil à l’un de tes billets toujours pertinents.

    Content de voir que tu vas sortir ton premier roman (qui mieux que toi pour appliquer tous tes conseils d’écriture ? 🙂 ). Je te souhaite toute la réussite possible et espère également que tu continueras à alimenter ce blog de tes précieux conseils (même moins régulièrement).

    Bonne continuation, bon courage et merci ! 😉

    Denis

    • a écrit

      Bonjour Denis,

      Ravi de te revoir sur le blog, et de lire qu’il t’aide toujours autant.

      Eh oui, plus que 2 petites semaines avant le grand jour.
      Je prépare les festivités 😉

      Merci pour ton message et tes encouragements,
      Fred

  4. Ravone Jacqueline a écrit

    Bonjour Fred,

    C’est toujours bon de te lire et de suivre tes conseils : j’ai déjà acheté le journal
    de Jules Renard,je prends Oméga 3, je regarde couler l’eau des rivières…..
    Merci pour le livre de Marguerite Duras, il va m’aider à mettre le point final à
    mon roman: il me reste si peu à écrire, mais je ne pensais pas que ce serait si difficile de m’en séparer. Je t’envoie toutes mes amitiés.

    • a écrit

      Bonjour Jacqueline 🙂

      Bravo pour avoir acheté le Journal de Jules Renard, les Omega 3.
      Et excellente chose que de regarder couler l’eau des rivières. C’est toujours, inconsciemment, une profonde source d’inspiration.

      Lire Duras, c’est justement comme regarder couler l’eau des rivières. Il y a une sonorité, une limpidité qui va droit au cœur, qui bouleverse sans que parfois l’on sache même pourquoi.
      Oui, ce livre est un ami, et en faisant un bout de chemin avec lui, tu vas voir que, quand on écrit, on respire mieux.

      Comme je te comprends lorsque tu dis qu’il est difficile de couper le cordon ombilical du roman que l’on a fini d’écrire. C’est vrai, ça laisse un grand vide mais quel bonheur aussi de voir cet enfant tout beau, tout propre, prêt à vivre.

      Amitiés,
      Fred 🙂

    • a écrit

      Bonjour Zabe,

      Merci (et quelle bonne idée) de nous proposer cette si belle chanson.
      India Song est un beau film de Duras.
      D’ailleurs, il est un peu dommage que sa filmographie soit, aujourd’hui, un peu oubliée.
      Pour les amateurs de Duras cinéaste, je recommande vivement « Nathalie Granger » et « Baxter, Vera Baxter ». Toute la musique littéraire de Duras est contenue dans ces deux très beaux films. Et puis, bien sûr, India Song, son film le plus connu, le plus célébré.

      Merci Zabe 🙂

  5. a écrit

    J’écris des romans historiques, toujours situés au début de notre ère, ou peu avant. Mes personnages, mes héroïnes, je les vis entièrement. Probablement sont-elles ce que je voudrai être, disent ce que je voudrai dire, font ce que je voudrai faire, elles sont des femmes et je suis un homme, sexagénaire. Pourquoi suis-je une femme avec les mots ? L’écriture va chercher au fond de nous ce que notre conscient ignore, et l’offre au regard des autres pour qu’ils puissent juger ce que nous sommes en dedans.

    • a écrit

      Bonjour Chary,

      Oui, vous avez raison : l’écriture est l’explorateur de notre subconscient. Il en ramène parfois d’étranges choses que nous mettons noir sur blanc avec joie, impudeur et surtout, ce besoin de nous livrer pour mieux nous délivrer.

      A bientôt,
      Fred

    • a écrit

      Bonjour Wood-Mark,

      Votre regard est intéressant même si je pense qu’écrire, c’est avant tout libérer une émotion.

      Merci pour votre commentaire et à bientôt,
      Fred

  6. Sonia a écrit

    Bonjour Fréd,très bel article qui m a donné envie de relire Duras. De plus je ne l ai pas lu celui ci alors c est encore mieux !
    Merci à toi et A très bientôt,
    Sonia

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