Quelles résolutions et dimensions pour vos images (ebook et livre imprimé) ?

résolution pixel ecrire et s'enrichirVoilà une question que je me suis longtemps posée, et qui m’a souvent « pris la tête », notamment car j’avais la flemme de chercher la réponse. Surtout que moi, ces histoires de pixels et dpi, ben je n’y comprenais clairement rien !

Finalement, n’ayant plus le choix, je me suis un jour décidé à prendre mon bâton de pèlerin pour obtenir les réponses à ces questions. Car il faut le reconnaître, si l’on souhaite publier un livre avec des illustrations, on ne peut pas se permettre de faire tout et n’importe quoi !

Mais avant de vous donner toutes les réponses, je regrette de vous annoncer que je vais d’abord devoir vous donner quelques définitions, sans quoi vous ne comprendrez rien à mes explications.

Accrochez-vous, j’envoie du lourd. C’est parti…

 

Pour commencer, je vais vous présenter le « pixel » !

Vous avez certainement déjà entendu ce mot, par exemple la dernière fois que vous avez acheté un appareil photo. Aujourd’hui, les nouveaux appareils photo numériques proposent en moyenne 12 Mpx (pour 12 mégapixels, ou 12 millions de pixels), ce qui permet d’obtenir des photos d’excellente qualité, avec des détails qui restent précis même si on imprime la photo en grand format.

Mais concrètement, c’est quoi un pixel ?

Un pixel (symbolisé px) est un mot anglais qui est une association des mots « picture » (image) et « element » (élément). En fait, un pixel est un point (« dot » en anglais), le plus petit élément d’une image.

Donc dans votre logiciel de retouche photo comme PhotoShop ou Gimp, si vous demandez à afficher une image qui a pour dimension 1 pixel sur 1 pixel, vous obtiendrez un point sur votre écran. Il s’agit… d’un pixel sur votre écran. Vous ne pouvez rien afficher de plus petit que ce point.

Une image est ainsi la représentation d’un ensemble de pixels sur une surface, les uns à côté des autres comme une mosaïque. Le texte que vous lisez actuellement sur votre écran d’ordinateur est lui-même l’association de pixels noirs et blancs.

Chaque pixel est monochrome, c’est-à-dire qu’il ne représente qu’une seule et même couleur parmi une palette de millions de couleurs. C’est en mélangeant 3 couleurs de base, le rouge, le vert et le bleu, selon des « dosages » différents, qu’un pixel peut prend sa couleur affichée.

Une image représente ainsi l’association de milliers voire millions de pixels. Ces derniers déterminent ainsi la netteté d’une image. Sur une même surface, plus vous avez de points, plus ces derniers sont condensés et plus l’image aura une qualité élevée.

Une image de 1.000 pixels en hauteur et 5.000 en largeur peut être représentée en grande ou en petite. Plus elle est agrandie, plus ses pixels vont s’agrandir, et l’image aura ainsi une apparence pixélisée. La taille d’un pixel est ainsi variable.

 

Autre définition, la « définition » ! Ah ah ah… :happy:

Comme nous l’avons vu, chaque écran d’ordinateur est composé de pixels (les plus petits éléments de votre écran). Ces pixels ne sont pas affichés n’importe comment, mais sont organisés en largeur et en hauteur.

La définition de l’écran (ou d’une image) correspond au produit du nombre de pixels sur la largeur par la hauteur.

Par exemple, mon écran est un rectangle comprenant 1.680 px dans sa largeur et 1.050 px dans sa hauteur. Sa définition est ainsi de 1.680 x 1.050 px (ou 1,764 Mpx en tout, ce qui est bien plus faible que la définition d’un appareil photo numérique).

Il en est de même pour une image, dont la définition correspondra au rapport de la largeur et de la hauteur (exprimés en pixels) de cette image.

La définition correspond ainsi à la taille d’une surface, exprimée en pixels. Mais j’insiste sur le fait que cette définition est une dimension propre à l’image (le nombre de pixels qu’elle contient). Elle ne reflète pas la dimension en centimètres de cette même image.

Or, ce qui nous intéresse tout particulièrement, c’est la qualité de l’image et ses dimensions en centimètres sur le support physique (écran ou papier) où on va l’afficher. Et c’est là qu’intervient la résolution.

 

Maintenant, voyons de plus près la « résolution ».

Non, rien à voir avec celle que vous prendrez le 1er janvier… et abandonnerez le 2.

La résolution qui nous intéresse est souvent appelée définition. Et pourtant il ne s’agit pas du tout de la même chose. Comme nous l’avons vu, la définition d’une surface (écran, image…) concerne ses dimensions en pixels, alors que la résolution désigne le nombre de pixels par pouce. Le pouce est une unité de mesure britannique équivalant à 2,54 centimètres environ.

La résolution d’une image, c’est donc le nombre de pixels (ou encore la densité de pixels) qu’elle contient sur une longueur de 2,54 cm. Elle est exprimée en dpi (abréviation de « dots per inch ») ou ppp (« points par pouces », qui est tout simplement la traduction française de dpi).

C’est cette mesure qui permet de définir la qualité d’une image. En effet, plus le nombre de pixels par pouce est faible, plus il est possible de distinguer ces pixels à l’œil nu, et l’image devient « moche ». Exemple :

Exemple résolution 3 dpi - 8 dpi

Dans le premier cas, il y a 3 pixels sur une largeur de 1 pouce, ce qui fait 3 dpi. Ces pixels sont très grands. Dans le second exemple, il y a 8 pixels, ce qui fait 8 dpi. Les pixels deviennent de plus en plus petits lorsque la résolution augmente.

Exemple résolution lettre A

Autre exemple : la lettre A a été écrite à gauche avec une résolution de 3 dpi, au milieu avec 8 dpi, à droite avec 16 dpi. La qualité augmente proportionnellement à la résolution.

Si nous reprenons l’exemple de mon écran d’ordinateur, il a une définition de 1.680 x 1.050 px. Ses dimensions en centimètres (mesurées en gros à la règle) sont d’environ 43,5 cm pour sa hauteur et 27 cm pour sa largeur. Sa résolution est ainsi de 1.680/(43,5/2,54) ≈ 98 dpi (ou 1.050/(26,9/2,54) ≈ 98 dpi).

Si je m’approche de l’écran, je peux distinguer ces pixels. La résolution est ainsi assez faible. Mais il faut savoir que les écrans font toujours moins de 100 dpi, car c’est une contrainte de la taille des composants électroniques.

A l’inverse, les imprimantes sont capables d’imprimer des points bien plus petits. Et comme nous l’avons expliqué, plus les points sont petits et nombreux, plus la résolution est élevée et l’image est fine. Ainsi, les images imprimées permettent d’obtenir une meilleure qualité que sur un écran.

 

Maintenant que nous avons la définition et la résolution, nous pouvons obtenir la dimension d’une image en centimètres. Ces caractéristiques sont liées entre elles. Si vous en connaissez 2, vous pouvez calculer la troisième.

Pour une image avec une certaine définition, la réduction de la résolution augmente sa taille de l’impression, mais réduit la qualité. Au contraire, augmenter la résolution d’affichage diminue la surface visible de l’image, mais accroît sa qualité.

En finalité, nous avons 3 caractéristiques pour une image :

  • sa taille en pixels
  • ses dimensions réelles en centimètres
  • sa résolution

Exemple ! Si vous prenez une photo avec 12Mpx, en format 4/3, vous obtenez une définition de 4.000 x 3.000 px. Tout le monde est d’accord ?

Bon. Si ensuite, vous souhaitez imprimer cette photo avec une résolution de 600 dpi, elle aura sur votre feuille de papier une largeur de 4.000/(600/2,54) ≈ 16,9 cm et une hauteur de 3.000/(600/2,54) ≈ 12,7 cm.

Bon, on pourrait aller encore plus loin dans les explications, mais je pense que ça suffit pour ce qui nous intéresse. Surtout, je commence à avoir mal au crâne avec toutes ces histoires…

Donc abordons le cœur de notre article !

 

Cas des illustrations d’un ebook

Quelle résolution ?

Je ne vous apprends rien en vous disant qu’un ebook est lisible sur un écran numérique, que ce soit votre écran d’ordinateur, votre tablette ou votre liseuse.

Or ces supports physiques sont limités en résolution, et généralement ne dépassent pas 100 dpi. Ils sont donc limités en nombre de pixels par pouce. Sur une ligne de 2,54 centimètres, vous aurez au maximum 100 pixels, 100 points lumineux.

En quoi cela nous avance-t-il ? Ben tout simplement, cela veut dire que vous n’avez aucun intérêt à utiliser une résolution supérieure à 100 dpi (ou 96 dpi, qui est un standard) pour les illustrations que vous allez insérer dans votre ebook, et pour sa couverture.

Bien sûr, rien ne vous empêche de choisir une qualité supérieure, par exemple 300 dpi. Mais non seulement cela ne servira à rien et vos images n’auront pas une meilleure qualité, mais en plus cela ne fera qu’alourdir le poids de votre fichier !

En effet, plus la résolution d’une image est élevée, plus il faut de la mémoire pour la stocker sur votre disque dur. Or, le poids du fichier de votre ebook (que ce soit un pdf, un mobi ou un epub) est très important, car plus il est léger, plus facile et rapide sera son téléchargement par les acheteurs, et son affichage à l’écran.

Il est ainsi important de trouver le bon compromis entre une bonne résolution d’image (pour qu’elle soit de bonne qualité, claire et nette) et la place nécessaire pour la stocker, afin que l’ebook ne prenne pas trop de temps à charger.

Quelles dimensions ?

Pour les dimensions de votre image, seuls vous pouvez le décider suivant ce que vous avez à afficher, les détails à distinguer. Toujours est-il que vis-à-vis des dimensions des liseuses, je vous encourage à ne pas dépasser 1.000 voire 1.100 px en hauteur, et 600 voire 700 px en largeur (avec une résolution de 96 dpi). Si vous ne publiez votre ebook qu’en pdf au format A4 par exemple, vous pouvez bien sûr utiliser des dimensions plus importantes.

Par contre, vos couvertures pourront être plus grandes, par exemple une définition de 2.400 x 1.500 px (soit environ 24 x 15 cm), notamment car elles sont toujours téléchargées à part, par exemple sur Amazon, et qu’elles doivent pouvoir s’afficher en grand (et avec une bonne qualité).

 

Cas des images d’un livre imprimé

Quelle résolution ?

Concernant l’impression papier, c’est différent que sur un écran d’ordinateur. Et dans ce cas, il est hors de question d’utiliser la même résolution que dans pour un ebook. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’impression serait franchement très laide !

En fait, les imprimantes (que ce soit votre imprimante personnelle et plus encore celle d’un professionnel) permettent d’obtenir une meilleure résolution que les écrans numériques. Et surtout, nous avons besoin d’afficher une qualité bien supérieure à celle d’un écran, car sur le papier, l’œil s’en rend compte.

Mais l’œil humain a aussi ses limites, ce qui nous arrange ! Ainsi, à 25-30 cm de distance d’une page de livre, l’œil n’est plus capable de distinguer un point de dimension inférieure à 0,087 mm. Ce qui correspond à une résolution de 2,54/0,0087 = 292 dpi, soit environ 300 dpi. Au-dessus de cette résolution, l’œil ne distingue plus les points d’impression, et une résolution de 600 dpi donnera le même résultat apparent qu’avec 300 dpi.

Alors, pourquoi s’embêter à afficher vos illustrations en 600 dpi et alourdir le fichier pdf que vous enverrez à votre imprimeur, alors que 300 dpi suffisent ?

Quelles dimensions ?

Ça, c’est de nouveau à vous de choisir. Tout dépend de ce que vous voulez afficher, et du format de votre livre.
Si vous imprimez votre livre au format A5 (qui est un standard), vos pages feront ainsi 21×14,8 cm. Si vous utilisez des marges de 2 cm, vos illustrations en 300 dpi pourront par exemple faire 17×10,8 cm si vous souhaitez qu’elles occupent toute la place (hormis les marges).

 

En conclusion, pour votre ebook, utilisez une résolution maximum de 96 dpi. Et pour votre livre imprimé, 300 dpi.

Si vous ne savez pas comment faire, recherchez un tuto qui vous explique comment faire cela avec un logiciel de retouche photo (voir au sein même de votre document Word) comme PhotoShop ou Gimp, ou faites appel à un freelancer (par exemple sur Fiverr en cliquant ici) qui vous fera ce travail pour une somme dérisoire en 10 ou 20 fois moins de temps que vous l’auriez fait !

J’espère avoir été assez clair dans cet article. Je vous avoue que c’était pas forcément évident !

 

Cet article vous a été utile ? Jusqu’à présent, accordiez-vous de l’importance à la résolution de vos illustrations ? Avez-vous déjà été déçu par leur affichage, car vous ne maîtrisiez pas les bons paramètres ?

Crédit illustration : Photobox

 

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Commentaires

  1. Pietropaoli a écrit

    Bonjour Fred

    Tout d’abord merçi pour tes conseils avisés…
    J’envisage de faire un ebook sur l’art et collection.
    En fait plusieurs petits, mais pas trop !
    Exemple : Bijoux et apparats Dogon
    – tome 1 : Les bagues
    – tome 2 : Les bracelets etc.
    De fait l’essentiel de la publication sera illustrée de photo d’objets.
    Mon interrogation concerne donc le poids d’un livre pour qu’il ne soit pas trop lourd à télécharger et donc à ton avis: quel nombre de photo ce support peut-il tolérer?

    • a écrit

      Bonjour Pietropaoli,

      En effet, une attention doit être portée au « poids » d’un livre numérique (en Mo).
      Il m’est impossible de te dire quel nombre de photo tu peux utiliser.
      Tout dépend… de leur poids ! Lui-même fonction de leur taille et dimensions.
      Si tu veux limiter ton ebook à 3 Mo, avec des illustrations à 100 ko, cela te fera environ 30 illustrations.
      Le mieux est de faire une première ébauche de ton livre, voir ce que ça donne, et ajuster ensuite si nécessaire.

      Bon courage, et tous mes voeux de succès pour ton beau projet 😉
      Fred

  2. a écrit

    Bonjour Fred,

    Super article sur un sujet délicat. Tout est bon dans ce que tu dis sauf cette petite chose :

    « En effet, plus la résolution d’une image est élevée, plus il faut de la mémoire pour la stocker sur votre disque dur. »

    Non ! La résolution (c-à-d la densité) n’est qu’une métadonnée maintenue dans certains formats de fichier image. Elle n’a aucun impact sur le poids du fichier. Seule la définition modifie la taille du fichier. Une image de 300 x 300 pixels avec indication de 100 ou 300 dpi donnera le même fichier. Cette indication de densité n’est qu’une information destinée aux logiciels de « print » (impression).

    Et si dans Photoshop, la définition est changée lorsque tu changes la résolution, ce n’est que parce que le logiciel prend l’initiative de la modifier pour conserver les dimensions physiques à l’impression… Mais ce n’est qu’un comportement arbitraire (un peu comme lorsque la hauteur est recalculée quand tu changes la largeur parce que l’option « maintenir les proportions » est cochée), un calcul effectué par Photoshop de manière délibérée. Le changement de la résolution sans ce calcul forcé ne change, lui, pas la définition.

    Sinon, top !
    Belle journée

    Eric

  3. a écrit

    Merci pour toutes ces explications, j’ai résolu le problème de chevauchement des images sur le texte et c’est super… car j’ai en plus compris pourquoi !

  4. Sergio a écrit

    Bonjour,

    Vous indiquez concernant l’intégration d’images dans un epub : « je vous encourage à ne pas dépasser 1000 px voire 1100 px en hauteur … ».

    Remarque (peut-être idiote) : Normalement si la dimension de l’image (images intérieures différentes de la couverture) est supérieure à celle de l’écran (je parle de liseuses, tablettes, smartphone, iphone, ..) un scroll vertical doit apparaitre !

    Merci de vos lumières car je commence juste à essayer de comprendre le fonctionnement d’une liseuse.

Rétroliens

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