Solène Bakowski, Prix spécial du jury Amazon 2015 [Interview]

solene bakowski
– Solène Bakowski, Prix spécial du jury Amazon 2015 avec Un Sac

Aujourd’hui, j’accueille sur le blog Solène Bakowski.

En octobre, Solène remportait le Prix Spécial Amazon 2015 avec son roman Un Sac. Depuis, 10 000 lecteurs se sont laissés séduire par cette histoire poignante. Et ce n’est que le début de l’aventure…

Je laisse la parole à Solène.

 

Fred : Bonjour Solène, et bienvenue sur le blog Ecrire et s’enrichir.

Solène : Bonjour Frédéric. Et merci beaucoup de ton invitation. C’est pour moi un vrai plaisir d’être sur ton blog. J’en profite pour te féliciter de ta récente victoire au speed-dating d’Amazon.

 

Fred : Merci !

Peux-tu rapidement te présenter et nous dire ce que tu fais dans la vie ?

Solène : Bien sûr ! J’ai 34 ans, je vis à Paris avec mon mari et ma fille. Je suis professeur des écoles, mais actuellement détachée auprès d’une association dont le but est de réfléchir à l’amélioration du système éducatif avec tous les acteurs concernés. Ce détachement s’achèvera au 31 août pour me permettre de me consacrer pleinement à mes activités d’écriture. C’est donc une nouvelle vie qui commence. Je l’appréhende un peu, je l’avoue, même si je l’appelle de toutes mes forces.

 

Fred : Tu as publié 3 romans : Parfois on tombe en janvier 2014, Un sac en janvier 2015 et Chaînes en juin 2015. Un sac a remporté le Prix spécial du jury Amazon 2015. Une reconnaissance importante pour toi ? Un virage ?

Solène : Ce prix a été à la fois une reconnaissance et un virage. Une reconnaissance parce que lorsque j’écris un roman, je suis sans arrêt en proie aux doutes les plus dingues, je passe de l’euphorie au désespoir le plus irrationnel, je me dis que jamais les gens n’auront envie de lire une histoire pareille, que l’écriture est morne, que l’ensemble manque de rythme. Et comme l’écriture est une activité solitaire, personne ne peut te rassurer à ce moment-là du processus. Puis, tout à coup, lorsque tu réalises que les lecteurs sont présents, une sorte de magie s’installe : tu découvres les commentaires sans trop y croire, tu reçois des messages privés de personnes qui ont des mots magnifiques pour parler de ton travail et tu croises les doigts pour que cela continue le plus longtemps possible. Et puis, il y a ce prix qui vient couronner ce joli bonheur, ce prix qui est une surprise totale puisqu’il me semblait totalement improbable qu’un roman aussi noir que celui-là puisse être récompensé. C’est comme un long chemin, et un petit bout de soleil qui, tout à coup, vient caresser ton visage. Cela flatte évidemment l’égo, mais c’est éphémère : deux jours après, te revoilà avec tes doutes et tes montagnes de russe d’enthousiasme et d’angoisse.
Au-delà de mes petites considérations personnelles, force est de constater que prix a apporté a permis à Un sac de rencontrer davantage de lecteurs (près de 10 000 aujourd’hui). Et puis quelques papiers aussi, dans la presse nationale notamment qui a décidé de s’intéresser de plus près au phénomène de l’autoédition.

 

« Grâce à un article de Livre Hebdo au mois de février,
dans lequel le journaliste avait mentionné Un sac et son univers un peu sombre,
une éditrice l’a lu et m’a contactée. »

 

Fred : Un sac est omniprésent dans le Top 100 Kindle depuis l’été dernier. Des éditeurs de renom ont publié de nombreux livres d’Indés. Comment expliques-tu que malgré le succès de Un sac, ce roman ne soit pas encore publié par un éditeur traditionnel et en librairie aux côtés d’autres best-sellers ?

Solène : Et c’est là que la grande nouvelle arrive, et la transition toute trouvée. Grâce à un article de Livre Hebdo au mois de février, dans lequel le journaliste avait mentionné Un sac et son univers un peu sombre, une éditrice l’a lu et m’a contactée. Je suis donc très heureuse de t’annoncer qu’Un sac sortira en poche, chez Milady (un label des éditions Bragelonne) au début de l’année prochaine.
Pour être tout à fait honnête, j’avais déjà été approchée par de grandes maisons d’édition auparavant. Cela n’avait rien donné. Or, il était pour moi primordial de confier le nouveau destin de ce livre à une personne dont je sentais qu’elle pourrait le porter. Je crois beaucoup aux rencontres et très peu aux coïncidences, et je fonctionne beaucoup à l’intuition. Aussi, je suis persuadée qu’Un sac et moi avons trouvé LA bonne personne, l’éditrice que nous attendions, celle qui saura sublimer ce texte et le porter vers d’autres horizons.

 

Fred : C’est une excellente nouvelle ! Comment vois-tu l’avenir d’Un Sac maintenant édité ?

Solène : Je ne sais pas trop à quoi m’attendre à vrai dire. J’espère qu’il parviendra à trouver un autre lectorat et qu’il a l’avenir devant lui.

 

« L’autoédition est un vivier de jeunes auteurs, et là,
l’édition traditionnelle ne s’y trompe pas
(Amélie Antoine éditée chez Michel Lafon, Julie de Lestrange chez Mazarine/Fayard…) »

 

Fred : Quel regard portes-tu aujourd’hui sur le monde de l’édition de manière générale ?

Solène : Je suis parfois un peu perplexe quand je lis des interviews d’éditeurs ou de libraires dans lesquelles ils débinent l’autoédition à tout va sans rien y connaître. Je comprends leurs craintes, elles pourraient paraître légitimes de prime abord ; sauf que si on creuse, il n’en est rien. Je ne crois pas que l’autoédition menace réellement le système en place : c’est lui accorder bien trop d’importance à mon avis compte tenu du nombre de lecteurs qu’elle génère. Ceci étant, cette possibilité de s’autoéditer permet quand même à l’auteur de rebattre les cartes et de négocier ses contrats. Au-delà de ces considérations purement économiques, l’autoédition est un vivier de jeunes auteurs, et là, l’édition traditionnelle ne s’y trompe pas (Amélie Antoine éditée chez Michel Lafon, Julie de Lestrange chez Mazarine/Fayard…). Heureusement qu’il y a des éditeurs qui ne font pas que regarder de haut ce qui se passe et qui possèdent cette ouverture d’esprit qui leur permet de jeter un œil sur ce que produit l’autoédition (et pas juste sur 50 nuances de Grey). L’édition traditionnelle a, à mon avis, tout à gagner à s’ouvrir davantage à l’autoédition. Les auteurs, quant à eux, ne sont plus des otages : ils peuvent choisir de publier seuls ou bénéficier d’une relation éditoriale qui reste selon moi très importante. Bref, j’ai l’intime conviction que nous vivons, au moins de ce côté-là, une époque formidable : le champ des possibles n’a jamais été aussi large.

 

Fred : Chaînes et Un sac sont des histoires très sombres. D’où vient « l’univers Solène Bakowski » ? Comment nourris-tu ton imaginaire ?

Solène : Pour être tout à fait honnête, cet imaginaire, je le subis un peu. Je fais partie de ces personnes pétries d’angoisses, persuadées que le pire est toujours sur le point d’arriver, que les gens que j’aime vont disparaître du jour au lendemain, que tout ce qui m’a été donné va être repris dans quelques secondes puisque je ne le mérite pas. Voilà pourquoi il est difficile pour moi d’écrire la joie ou l’espoir. Je traîne ça depuis que je suis gamine, je pense que je vivrai avec pour le restant de mes jours. Décrire des univers sombres me permet d’exorciser mes peurs. En les confiant à d’autres, j’allège le poids sur mes épaules.

Fred : Aujourd’hui, quelles sont tes ambitions avec l’écriture ? As-tu un planning d’objectifs sur plusieurs années ?

Solène : Pas de planning, j’écris ce que j’ai envie d’écrire au moment où j’en ai envie et/ou besoin. À court terme par contre, je sais où je vais : j’écris en ce moment un roman noir (on ne se refait pas !), un peu dans la veine d’Un sac. Lorsqu’il sera terminé, je complèterai la réécriture d’un roman différent, à la lisière de l’anticipation, dont les 500 pages attendent patiemment d’être remaniées au fond de mon disque dur. Ensuite ? On verra. Mais du noir, assurément.

 

Fred : Solène, je te remercie pour cette interview et je te souhaite le meilleur pour ton prochain roman.

Solène : Je te remercie pour ton accueil et ton soutien de ces derniers mois. Je te souhaite à mon tour plein de succès pour ton premier roman.

 

Retrouvez Un Sac sur Amazon
en cliquant sur l’image :

Un Sac

 

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Commentaires

  1. André a écrit

    Merci pour cette interview.
    J’ai lu Un Sac.
    Ce livre est magnifique, l’histoire bouleversante, l’écriture sublime, l’héroïne attachante.
    J’aimerais avoir la même plume que Solène Bakowski.

  2. Wolf Gorbatchèv OSCAR a écrit

    Bravo à l’auteure ! Les choix sont payants quand on les assume. Personnellement, je n’ai pas osé me lancer dans l’autoédition parce que je doute de mes corrections. Par contre, j’avoue que j’ai déjà lu de beaux livres qui ont suivi cette voie.

  3. Marc Andrieux a écrit

    J’aime beaucoup cet écrivain.
    Des livres comme « Un sac » sont toujours trop courts tellement ils sont exquis.
    On voudrait que la lecture ne s’arrête jamais.

  4. a écrit

    Une écriture d’une grande qualité, une belle plume décrivant avec délicatesse des univers à la lisière des ténèbres.

    Solène mérite sa place dans le meilleur de l’autoédition (même si je bute quelquefois sur un mot qui tombe à plat… à mon goût… mais je suis obsessionnel !)

  5. a écrit

    « cet imaginaire je le subis un peu » c’est extrêmement touchant de dire ça. Ce sont ces quelques mots qui me donneront le plus envie de découvrir ton oeuvre. Je devine une belle sensibilité.

Rétroliens

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